{"id":647,"date":"2019-02-21T15:16:07","date_gmt":"2019-02-21T15:16:07","guid":{"rendered":"https:\/\/www.iknews.net\/?p=647"},"modified":"2019-02-21T15:16:07","modified_gmt":"2019-02-21T15:16:07","slug":"senegal-presidentielle-pourquoi-un-second-tour-est-ineluctable","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/iknews.fr\/index.php\/2019\/02\/21\/senegal-presidentielle-pourquoi-un-second-tour-est-ineluctable\/","title":{"rendered":"S\u00e9n\u00e9gal Pr\u00e9sidentielle: Pourquoi un second tour est in\u00e9luctable"},"content":{"rendered":"<p>Pourquoi un second tour est in\u00e9luctable<\/p>\n<p>Dimanche prochain, 6 683 043 de s\u00e9n\u00e9galais sont appel\u00e9s \u00e0 voter \u00e0 la onzi\u00e8me \u00e9lection pr\u00e9sidentielle du S\u00e9n\u00e9gal depuis l&rsquo;ind\u00e9pendance. Parmi eux, certains ont d\u00e9j\u00e0 vot\u00e9 lors des l\u00e9gislatives de 2017, une partie s\u2019\u00e9tait abstenue de voter, d\u2019autres ne se sont jamais prononc\u00e9s dans un scrutin. Sans aucun doute, cette \u00e9ch\u00e9ance a la particularit\u00e9 de se distinguer des autres.<\/p>\n<p>Donn\u00e9es historiques<\/p>\n<p>Les chiffres des \u00e9lections pass\u00e9es sont \u00e9loquents. Beaucoup d\u2019enseignements majeurs s\u2019en d\u00e9gagent. Si en 2012, le nombre d\u2019inscrits se situait environ \u00e0 5 300 000 (pr\u00e9sidentielle et l\u00e9gislative), ce chiffre est pass\u00e9 \u00e0 6 219 446 lors des \u00e9lections l\u00e9gislatives de 2017 avant d\u2019atteindre 6 683 043 pour l\u2019\u00e9ch\u00e9ance de 2019, soit une augmentation absolue de 850 663 \u00e9lecteurs entre 2012 et 2019. Aussi, il est observ\u00e9 une tendance non r\u00e9guli\u00e8re du taux de participation \u00e0 une \u00e9lection pr\u00e9sidentielle avec 62,2% en 2000, 70,6% en 2017 et 51,6% en 2012. Ce niveau de participation particuli\u00e8rement bas en 2012 s\u2019explique par le climat de tension et la dynamique de boycott qui r\u00e9gnaient avant et pendant les \u00e9lections.<\/p>\n<p>Tendances lourdes<\/p>\n<p>Pour rappel, le pr\u00e9sident sortant a eu 26,6% (soit 719 367 suffrages exprim\u00e9s) lors du premier tour de l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle de 2012 ; sa coalition BBY a eu 65,8% au second tour quoique les \u00e9lecteurs aient vot\u00e9, en grande partie, plut\u00f4t contre Wade. De ce point de vue, on peut pr\u00e9sum\u00e9 que le \u00ab vrai \u00bb score de BBY d\u00e9bute en 2012 lors des l\u00e9gislatives (1 040 899 voix) avec une participation au plus bas niveau (36,7%). En r\u00e9alit\u00e9, les deux \u00e9lections de 2012 sont atypiques et ne sauraient \u00eatre consid\u00e9r\u00e9es comme une situation de r\u00e9f\u00e9rence pour BBY. Toutefois, l\u2019\u00e9lection l\u00e9gislative de 2017, malgr\u00e9 toutes les insuffisances not\u00e9es dans le processus, constitue un rep\u00e8re alternatif cr\u00e9dible du fait principalement de sa proximit\u00e9 temporelle avec celle de 2019. L\u2019analyse des r\u00e9sultats de 2017 indique un pourcentage de 49,1% pour BBY, soit 1 637 761 votes avec un taux de participation de 53,7%. On peut penser que ce chiffre correspond \u00e0 son stock \u00e9lectoral incompressible. Il faut retenir que le taux de participation appara\u00eet comme une variable d\u2019ajustement pour l\u2019\u00e9lection de 2019. Il peut faire basculer l\u2019\u00e9lection \u00e0 lui seul. Si on se fie aux taux de participation lors des derni\u00e8res \u00e9lections pr\u00e9sidentielles, on peut valablement exprimer deux sc\u00e9narii : une participation pessimiste (60%) et une participation optimiste (70%). Le premier sc\u00e9nario montre un estimatif brut de 4 009 826 votants pour BBY (soit 40,8%) et le second environ 4 678 130 (soit 35,7%) ; compte non tenu des primo votants qui votent en g\u00e9n\u00e9ral pour l\u2019opposition, des apports de Aissata Sall (24 342 votes en 2017) et autres \u00ab petits soutiens \u00bb de circonstance en faveur de Macky Sall bien que le transfert des \u00e9lecteurs dans une \u00e9lection ne soit pas m\u00e9canique et des mouvements de mobilit\u00e9 \u00e9lectorale entre les coalitions. L\u2019hypoth\u00e8se additionnelle suivant laquelle BBY \u00e9largira son socle \u00e9lectoral est certes recevable, mais cet apport ne peut qu\u2019\u00eatre r\u00e9siduel. Il sera ainsi quasi impossible pour BBY de franchir le cap des 50%, toutes choses \u00e9gales par ailleurs.<\/p>\n<p>Param\u00e8tres nouveaux<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9lection de 2019 se d\u00e9marque des autres du fait de la nouvelle configuration politique occasionn\u00e9e par le parrainage et d\u2019autres facteurs plut\u00f4t exog\u00e8nes. D\u2019abord, les cinq coalitions sont fortes avec une capacit\u00e9 de mobilisation exceptionnelle et un \u00e9lectorat assez typ\u00e9. Il n\u2019est pas surprenant de remarquer que la coalition Idy captera un \u00e9ventail tr\u00e8s large d\u2019\u00e9lecteurs en pays mouride et dans d\u2019autres contr\u00e9es repr\u00e9sentatives (Thi\u00e8s, Dakar, etc.). La coalition Sonko a s\u00e9duit les jeunes, les classes instruites et les zones urbaines ; elle semble \u00eatre en ballotage favorable en basse Casamance. La coalition de Madick\u00e9 grignotera sans doute dans l\u2019\u00e9lectorat du PDS et mouride. La coalition PUR, au-del\u00e0 de son stock de base (155 407 \u00e9lecteurs en 2017), va puiser massivement dans l\u2019\u00e9lectorat tidiane. La coalition BBY confirmera certainement ses bons r\u00e9sultats dans les zones rurales, le centre et le nord du S\u00e9n\u00e9gal. Aussi, les s\u00e9n\u00e9galais ont envahi massivement les r\u00e9seaux sociaux ces derni\u00e8res ann\u00e9es. L\u2019espace num\u00e9rique est devenu un outil d\u2019\u00e9veil de la conscience, terroir de potentiels \u00e9lecteurs ; le constat qui se d\u00e9gage montre un net avantage de l\u2019opposition (toutes coalitions confondues) par rapport \u00e0 BBY.<\/p>\n<p>In fine, on peut valablement dire que ces donn\u00e9es historiques sur les \u00e9lections, combin\u00e9es aux donn\u00e9es contextuelles, semblent militer en faveur d&rsquo;un second tour. L\u2019honn\u00eatet\u00e9 m\u2019oblige \u00e0 avouer qu\u2019il y a un risque de se tromper, mais il reste toutefois limit\u00e9.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pourquoi un second tour est in\u00e9luctable Dimanche prochain, 6 683 043 de s\u00e9n\u00e9galais sont appel\u00e9s \u00e0 voter \u00e0 la onzi\u00e8me \u00e9lection pr\u00e9sidentielle du S\u00e9n\u00e9gal depuis l&rsquo;ind\u00e9pendance. Parmi eux, certains ont d\u00e9j\u00e0 vot\u00e9 lors des l\u00e9gislatives de 2017, une partie s\u2019\u00e9tait abstenue de voter, d\u2019autres ne se sont jamais prononc\u00e9s dans un scrutin. 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