Enracinement et ouverture :  » mon boubou n’est pas un accoutrement folklore ou une tenue pour coupeur de zizi ». 

Les créations de nos artistes qui ont les doigts en or sont souvent qualifiées par des européens ,souvent incultes, d'exotiques. Pendant ce temps l'Europe magnifie et accorde de la valeur inestimable à tout ce qui est produit chez elle.

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Enracinement et ouverture :  » mon boubou n’est pas un accoutrement folklore ou une tenue pour coupeur de zizi ».
En donnant un petit coup de fer à repasser ce vendredi matin à mon boubou,  j’ai pensé à ce constat que d’autres avant moi ont certainement déjà fait . Pour rappel, il est de tradition au Sénégal pour certains,  pour se faire plaisir de s’habiller le vendredi en boubou traditionnel. Et pour ça, les créateurs ne manquent pas d’inspiration ; les innovations ne manquent pas. Il existe donc une panoplie de tissus et de créations pour les clients…. La diversité est aussi présente dans les différents et riches mets.
Cependant force est de constater qu’aussi bien sur le plan culinaire, dans l’habillement, la riche culture africaine est entachée par un dénigrement constant.
Les créations de nos artistes qui ont les doigts en or sont souvent qualifiées par des européens ,souvent incultes, d’exotiques. Oui on peut faire de hautes études et être ignorants sur certains domaines….
Pendant ce temps l’Europe magnifie et accorde de la valeur inestimable à tout ce qui est produit chez elle.
N’importe quel africain sait faire la différence entre un costume et un boubou alors que certains européens prennent un boubou pour une robe. Un jour, une personne  m’a dit en me voyant m’habiller autrement :
 » Coupeur de zizi ! »
Je lui ai posé alors cette question:  » si je comprends bien, je suis sérieux et respectable quand je suis sur mon 31, mais je suis un coupeur de zizi quand je suis habillé autrement ? »
L’africain est fier et à l’aise dans son boubou et assez ouvert d’esprit pour se mettre un costume quand il en a envie.
Sans doute que cette pensée de l’ancien Président et poète Léopold Sedar Senghor illustre bien cette situation :
« Enracinement et ouverture « !
On doit s’interroger : Comment des prêt-à- porter pour la plupart confectionnés en Chine peuvent avoir plus de valeurs que des vêtements faits sur mesures par des artisans qui ont de l’or au bout des doigts?
Oui en Europe, c’est un luxe de porter des vêtements faits sur mesure.
Et  presque personne ne peut se permettre aujourd’hui de se payer quoi que ce soit sur mesure.
L’image de l’Afrique et des africains a besoin aujourd’hui de renverser cette tendance.
Certes, cette beauté de la création de nos artisans est reconnue ça et là dans le monde.
La mode africaine trouve chaque jour de nouveaux clients. Toutefois, elle est encore victime d’une campagne négative et de préjugés au grand dam de la culture universelle.
À chaque africain d’être conscient des enjeux et de se battre contre tous les stéréotypes.
Ce n’est pas pour rien que nos parents hall pullar disent  » Yi ma yaaw ma anda co gondo! »
autrement dit si ceux qui dénigrent l’Afrique et sa culture sont en général incultes au moins en ce qui concerne des connaissances réelles sur l’Afrique, les africains eux connaissent  leurs valeurs.
En effet, à part ceux qui ont voyagé sur le continent, de nombreux citoyens du monde qui n’ont jamais mis les pieds en Afrique se basent sur des stéréotypes pour juger les africains à tort.
Aujourd’hui, à chaque africain d’être l’ambassadeur de ce continent merveilleux où les valeurs humaines ont au quotidien leur existence, de porter fièrement sa culture dans les quatre coins du monde.
Oui, nos mets sont raffinés et délicieux, nos boubous splendides et nos œuvres d’art n’échappent pas à la règle.
Comme disait Ghandi:
“Il n’est pas nécessaire d’éteindre la lumière de l’autre pour que brille la nôtre.”
Que certains en prennent de la graine.
Ibra Khady Ndiaye

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